IMG_5144

Comme vous le savez déjà probablement, 2018 est marqué du sceau du Battle Royale. Le genre, popularisé l’année dernière par le succès de PLAYERUNKNOWN'S BATTLEGROUNDS, a lancé une grande mode mais il est bien difficile pour les nouveaux prétendants de réussir à s’imposer. Pourtant, il y en a quelques uns qui pourraient ressortir du lot, grâce à quelques bonnes idées. Et si parmi ces titres se trouvait Vigor, le nouveau jeu de Bohemia Interactive ?

Le Battle Royale est devenu une sorte de petite institution en moins d’un an et désormais les places au soleil sont chères. Les ombres colossales de PlayerUnknown’s Battleground et Fortnite sont étouffantes mais avec quelques bonnes idées, quelques titres pourraient bien réussir à capter un petit public et fonctionner sur le moyen terme. C’est en tout cas le pari fait par Bohemia Interactive, les papas de ArmA et DayZ, qui misent sur un intéressant mélange de Battle Royale et de survie, avec un modèle free-to-play plutôt bien pensé.

UN JEU EN DEUX PHASES

Vigor : quand survie et Battle Royale font bon ménageLe charme des petits ports de pêche scandinaves.

Vigor repose sur une idée de base assez intrigante : il ne s’agit pas à proprement parler d’un Battle Royale, mais d’un jeu de survie dans lequel les phases de pseudo BR ne sont qu’une composante d’un ensemble plus grand. Pour que cela fonctionne, Bohemia a préparé un joli emballage : nous sommes en 1991 et l’Europe centrale a été ravagée par la guerre nucléaire. Fuyant les radiations, les populations du Vieux Continent, ou en tout cas les survivants, se dirigent vers les pays scandinaves qui ont été relativement épargnés. C’est en Norvège que les joueurs vont devoir réussir à survivre : chacun est enfermé dans un petit hub qui lui appartient, dans lequel aucun ennemi ne peut venir le déranger ; il n’y trouvera qu’une vieille maison à retaper, et de quoi cultiver la terre. Le problème, c’est que pour tenir sur le long terme, le joueur devra partir en mission pour collecter des ressources (essence, clous, bois, engrais…) et c’est là que démarre le Battle Royale, ou presque. À l’intérieur de son abri, le joueur peut accéder à une carte en papier qui fait office de menu et lui permet de sélectionner une destination, en fonction de ses besoins : autour d’une vieille scierie, il est plus certain de trouver du bois ; près d’une base militaire, il trouvera des armes et des munitions ; aux abords d’un village de pêcheurs complètement abandonné, il trouvera plus sûrement des vivres et de quoi se soigner. Ainsi de suite. Une fois sa destination choisie, le joueur débarque sur véritable petite carte, avec d’autres joueurs, et c’est là que les choses se corsent : chacun est là pour collecter des ressources et s’il est tout à fait possible de rester dans l’ombre et de se contenter quelques petits loots, tendre des embuscades et tuer tout ce qui bouge est également une solution viable. Lorsque l’on possède les objets souhaités, il suffit de rejoindre l’un des points de sortie de la carte pour prendre la poudre d’escampette. Simple et efficace.

Vigor : quand survie et Battle Royale font bon ménageLes largages de matériaux seront l'objet de nombreux coups bas.

Afin de s’assurer que tout ce petit monde finisse par s’entre-tuer un jour ou l’autre, Bohemia a eu la bonne idée d’ajouter une petite mécanique de jeu plutôt amusante : Ã  chaque fois que les joueurs rejoindront une des cartes de Battle Royale, une cargaison de ressources sera larguée quelque part sur la carte ; son emplacement sera indiqué sur le radar de chacun et forcément, il devrait attirer pas mal de monde. Mieux, le joueur qui parvient à récupérer le contenu de la cargaison est automatiquement marqué et donc à la merci de ses adversaires, qui ont alors tout le loisir de mettre en place le meilleur plan pour récupérer le précieux butin. Petite subtilité, après avoir ramassé son premier largage, le contenu des prochains sera connu à l’avance. Les joueurs pourront alors choisir de jouer ou non cet objectif, ce qui enrichit un peu plus la dimension stratégique des parties. Car il faut le savoir, dans Vigor l’échec est assez punitif, surtout si vous n’êtes pas prévoyants : vous perdez toutes vos ressources et toutes vos armes, que vos ennemis peuvent ramasser. Il est donc plus prudent de stocker régulièrement son butin à la maison, avant de repartir en vadrouille.

Vigor : quand survie et Battle Royale font bon ménageVigor : quand survie et Battle Royale font bon ménageVigor : quand survie et Battle Royale font bon ménage

Tout cela est assez palpitant et la seule véritable réserve que l’on peut formuler à ce jour, c’est sur la richesse et la profondeur de la dimension survie du jeu. Si elle n’est pas assez étoffée, les combats façon Battle Royale perdront forcément en impact et c’est donc tout le plaisir de jeu qui en prendrait un coup.