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Lors de son annonce pendant l’E3 2017, le remake de Shadow of the Colossusa suscité quelques émois dans la salle. L’oeuvre de Fumito Ueda fut pour beaucoup une expérience unique, de celle que l’on ne peut définitivement oublier. Reste à savoir si la magie opère toujours 12 ans plus tard.

Vidéo-Test de Shadow of the Colossus

Shadow of the Colossus : Un remake qui rend hommage au chef d'oeuvre

Lorsqu'un jeune guerrier se rend sur des terres interdites afin de ressusciter le corps sans vie d’un être cher, il sait déjà qu’il commet un acte impardonnable. Et bien que l’on devine son voyage éprouvant, ce n’est rien à côté de ce qui l’attend dans ces contrées désolées. Dès l’intro, une entité appelée Dormin lui explique sa tâche : battre les 16 colosses qui habitent ces lieux. Seize colosses, ce sont les seuls ennemis qui s’opposeront à vous dans Shadow of the Colossus. Pas de monstres, pas de sbires, rien d’autre. Si on devine déjà une expérience singulière, on ne fait pourtant qu’entrapercevoir les contours d’un chef d’oeuvre.

MES YEUX, MES YEUUUUUUUX !

Shadow of the Colossus : Un remake qui rend hommage au chef d'oeuvre

Shadow of the Colossus est une véritable ode à la contemplation, avec sa propre idée d’un monde ouvert. Dès le début, vous pouvez vous rendre où vous voulez, à dos du destrier le plus fidèle jamais vu, Agro. Les plaines à perte de vue s’enchaînent avec de denses forêts, des lacs lugubres, des déserts arides et des régions montagneuses. Sans ennemis à pourfendre, il règne en ces lieux une sérénité qui ne fait qu’alourdir les actes du héros. Et c’est justement tout l’intérêt de ce remake. En effet, Bluepoint Games est reparti de zéro pour tous les assets visuels, faisant de ce nouveau Shadow of the Colossus un jeu nouveau, en matière de graphisme. On est très loin de la version remastérisée sortie en 2011 : ce Shadow of the Colossus est tout simplement magnifique ! De l’herbe à la lumière, les textures et effets rendent un hommage sensationnel à la direction artistique initiale, qui faisait déjà clairement partie des plus belles jamais vues dans le jeu vidéo. La caméra en est d’ailleurs parfaitement consciente, se plaçant systématiquement pour nous offrir le meilleur panorama. Jamais nous n'aurons vu un jeu où chaque plan pourrait définitivement faire office de fond d’écran. Jamais un vide apparent n’aura été aussi rempli d’émotions, comme témoin d’un passé lointain. Les quelques semblants d’architectures en ruines semblent vouloir nous parler, tout en accentuant la quête insurmontable du héros par leurs tailles démesurées. Du génie à l’état pur !

Shadow of the Colossus : Un remake qui rend hommage au chef d'oeuvreShadow of the Colossus : Un remake qui rend hommage au chef d'oeuvre

Déjà subjugué que nous sommes, il nous reste toutefois à rencontrer les colosses ! Aujourd’hui, la plupart des joueurs savent à quel point Shadow of the Colossus a inspiré le monde du jeu vidéo grâce à ses affrontements titanesques, mais il suffit d’y rejouer pour se rappeler pourquoi. Dès notre rencontre avec le premier colosse, on est abasourdi par sa majesté. Les mouvements lents, le calme qui semble régner en eux, les animations ultra détaillées, cela fait nul doute : les colosses sont les véritables personnages centraux de Shadow of the Colossus. Mais comment ce petit guerrier, qui doit sauter pour espérer atteindre la cheville du premier colosse, peut-il les affronter ?

FACE À L'INSURMONTABLE

Shadow of the Colossus : Un remake qui rend hommage au chef d'oeuvre

Les combats de Shadow of the Colossus se déroulent en plusieurs phases qui s’enchaînent avec fluidité. D'abord, on découvre la créature dans son environnement. S’ensuit alors un moment d’observation pour comprendre comment parvenir à grimper dessus, ce qui peut être plus ou moins complexe. Il faut parfois berner le colosse, ou d’autres fois jouer avec l’architecture de la zone. Parfois, il faudra quelques minutes pour trouver une ouverture, qu’il faudra alors exploiter à fond sans erreur. Car dès lors que l'on est sur la créature, celle-ci ne se laisse pas faire et essaie régulièrement de vous dégager en se secouant violemment. Votre barre d’endurance descend lentement mais sûrement, et voir le jeune guerrier (Wander en V.O., mais il n’a pas de nom en jeu) valdinguer dans tous les sens s’ajoute encore plus à l’aspect épique des combats. En naviguant tant bien que mal dans les poils de la bête, on arrive à trouver ses points faibles pour les attaquer de notre épée. Ce long combat, volontairement fastidieux, est ce qui fait tout le sel de Shadow of the Colossus. Chaque moment est intense, porté par une des bande originales les plus épiques jamais réalisées, œuvre de Kow Otani. On parle ici d’envolées symphoniques aux percussions féroces et aux violons lancinants, qui accompagnent avec délice les moments forts de notre périple et surtout de nos affrontements. L’intensité qui se dégage de l’action est sans égal, à tel point que l’on aimerait que les combats ne finissent jamais. Il est difficile de décrire les émotions qui nous transpercent lorsque l’on donne le dernier coup d’épée, entre la joie d’avoir gagné une confrontation qui semblait perdue d’avance, et la sensation d’avoir mis à terre une créature magnifique.